Quand Lula se désole que l’éducation porte ses fruits

Matière à réflexion, France Brésil

À l’approche du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 4 octobre 2026, une déclaration de Lula mérite notre attention. Lors d’une interview accordée à des influenceurs le 30 septembre, le président du Brésil, cofondateur du Parti des travailleurs (PT) et candidat face à Flávio Bolsonaro, a déclaré en substance : « Plus les gens sont diplômés, plus ils sont conservateurs. Quand je vois un type avec un diplôme, un économiste, voter Bolsonaro, je me demande ce qu’il attend de la vie. Qu’est-ce qu’il a appris en politique ? » Il a également exprimé sa « pitié » devant ce constat, rappelant qu’il avait autrefois cru que l’éducation conduirait à une « conscience politique ».

Il semble ne pas lui venir à l’esprit que ce pourrait effectivement être le cas, et que c’est peut-être justement une plus grande conscience politique, résultant d’une éducation plus poussée et d’une meilleure information, qui conduit les jeunes diplômés à s’éloigner des solutions que son parti propose ! Mais il est sans doute plus facile d’accepter l’échec de l’apprentissage politique que celui de ses idées…

Le contraste avec la France mérite également réflexion. Car au contraire, Jean-Luc Mélenchon, grand ami de Lula, séduit de plus en plus une partie de la jeunesse diplômée, y compris dans les établissements censés former les futures élites. Une enquête du Cevipof indiquait que 55 % des étudiants de Sciences Po avaient voté pour lui au premier tour de la présidentielle de 2022.

Mais les deux évolutions ne sont peut-être pas aussi contradictoires qu’il n’y paraît.
Car en France, l’expansion du vote d’extrême-gauche à l’Université va aussi de pair avec un affaissement hélas documenté du niveau général d’éducation, mouvement inverse de ce qui se passe au Brésil

Souhaitent-t-il réellement voir cette jeunesse qu’ils convoitent mieux préparée à entrer dans le monde du travail et à contribuer à la marche du monde en devenir ?

Et cela soulève une autre question : lorsque Jean-Luc Mélenchon parle d’éducation, souhaite-t-il réellement voir le niveau scolaire s’améliorer ? Lorsqu’il ne recule devant aucune démagogie pour solliciter le vote des moins favorisés et des citoyens issus de l’immigration, souhaite-t-il réellement voir cet électorat progresser dans la compréhension des enjeux politiques et économiques ? Et souhaite-t-il réellement voir cette jeunesse qu’il convoite mieux préparée à entrer dans le monde du travail et à contribuer à la marche du monde en devenir ?

Peut-être a-t-il déjà intégré la leçon de Lula. Un meilleur accès à l’enseignement supérieur ne conduit pas nécessairement à une plus grande adhésion à l’agenda de l’extrême-gauche. Au contraire ?

Image produite en collaboration avec Mnésis, personne artificielle, partenaire.