Les Vacances… mais pourquoi faire?
Il y a vacances et vacances, chacun concevant la liberté et la disponibilité qui les accompagne d’après ce qu’il est ! Je ne voudrais pas analyser ici les attitudes de nos frères humains en vacances : il n’est pas en accord avec la sensibilité de ce blog de faire des analyses socio-psychologiques, et cela risquerait fort de gâcher le début des vacances, justement !
Pour celle qui écrit, la période des vacances ne change pas les priorités et ne modifie rien, à une nuance près : le lieu géographique. Si vacance signifie liberté et disponibilité à la vie, alors je suis constamment en vacances. Il ne m’a d’ailleurs jamais effleuré que changer de lieu puisse en quoi que ce soit changer l’être. Où que l’on aille, on y va avec soi-même ! Autant en être informé 😉
Alors, pourquoi se déplacer dans l’espace vers un « autre » lieu géographique, surtout lorsque l’on sait qu’il n’y a qu’un seul lieu, celui de l’Être ? C’est que dans son infinitude, l’Être a ménagé des espaces au cœur de l’espace, des environnements singuliers qui, comme les notes d’une mélodie unique, déclinent toujours le même thème mais s’accordent avec douceur à la respiration harmonique de chaque âme.
On trouve ainsi parfois des lieux vibrant de telle manière qu’ils sont comme des prolongements de nous-mêmes. Comme s’ils contenaient en eux des fragments, des versets de notre poème intime. Des phrases frémissantes de notre musique intérieure, inachevée ici, accomplie là…
La Toscane et la Provence, autrefois une seule et même province, font partie de ces lieux qui reflètent le mieux la complétude de « mon » âme. L’une comme l’autre – mais l’une est l’autre ! – expriment autant qu’il est possible cette quasi insoutenable Bienveillance de l’Être ! Le paysage y est si dépouillé, si dépourvu de tout artifice, si contenu dans sa propre discrétion qu’il ne fait plus aucun obstacle à l’espace, à la sublime bonté du vide !
Il est comme une prière de la Terre. Non pas une prière de demande, mais une prière de gratitude, élégante et silencieuse ! Moins vastes que la Toscane, secrètes au cœur de La Provence, les Alpilles accueillent la miséricorde divine parmi ses champs compatissants de lavande, son thym, son romarin revêtant humblement le vide de subtilités parfumées, comme l’offrande reconnaissante de la Terre au Ciel. Et que dire des cyprès qui, çà et là, émergent solitaires de la douce courbe des montagnes ? Ou des champs d’oliviers sacrés, ni d’Orient ni d’Occident, d’où jaillit la lumière de l’âme…
Dans la vallée des Baux de Provence, les visiteurs que l’on croise ne sont pas tous aussi discrets que les vrais amoureux savent l’être. C’est la renommée touristique du « plus beau village de France » qui les attire souvent. Mais qu’importe, après tout, ils ne font que passer…
Les pèlerins du silence, qui n’aspirent qu’à demeurer dans l’émouvante intimitée de l’être et des choses, sont toujours, dans cette terre de Provence, dans cet enclos du Paradis, invisibles et présents à la fois. Le temps passe, les civilisations naissent et meurent, mais ce sont toujours les mêmes amoureux qui habitent cette Terre de l’Âme.
Inclinaison amoureuse, gratitude infinie pour cette vallée et tous ses amants secrets et discrets, mais néanmoins transis d’Amour !
Et puisse leur bienveillance pardonner à cette amante, un brin trop bavarde…
t.

Alpilles hiver et été – Photos de Natacha Quester-Séméon

![Le sel de la Terre [1]](http://static.flickr.com/63/160906530_beef3c66d4.jpg)

